Extrait de "la revue des parents"
Nelly Paulet, enseignante et déléguée nationale du SE-Unsa répond aux questions de Bruno Quattrone, journaliste de "la revue des parents".
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Comment fonctionnent les Rased (réseaux d’aides spécialisés aux élèves en difficulté) et à qui s’adressent-ils ?
Les Rased prennent en charge les élèves en difficulté, par exemple ceux souffrant de troubles du langage ou de comportement, avec lesquels l’enseignant a déjà essayé, sans succès, une pédagogie différenciée. Ils travaillent avec l’équipe éducative et, fait très important, avec la famille de l’enfant. Un Rased compte un psychopédagogue, ou maître E, spécialisé dans l’aide à dominante pédagogique, un rééducateur, ou maître G, spécialisé dans l’aide à dominante rééducative, et un psychologue de l’éducation nationale, qui fait si besoin le lien avec le médecin scolaire, les services extérieurs... Ces membres du Rased déterminent si les difficultés de l’élève sont d’ordre pédagogique ou si des mesures rééducatives sont nécessaires. Il y a 15000 enseignants en Rased : 7500 maîtres E, 3800 maîtes G et 3600 psychologues. En une année scolaire, un maître E et un maître G travaillent en moyenne avec 50 enfants. Chacun de ses enfants passent une ou deux heures par semaine en aide rééducative ou pédagogique, avec l’enseignant spécialisé, pendant le temps scolaire. Il sait ainsi que sa difficulté est reconnue, qu’on a mis en place un processus pour l’aider à la dépasser, et il voit qu’un autre espace est possible pour lui dans le cadre de l’école.
L’aide des Rased est donc très différente des 60 heures annuelles "d’aide aux élèves rencontrant des difficultés scolaires" que le ministère de l’éducation a mis en place à la rentrée...
Oui. Ces heures d’aides personnalisées sont dispensée par un enseignant généraliste, pour donner un coup de pouce aux élèves qui ont des difficultés légères, en particulier en maths et en français. C’est du soutien scolaire, deux heures pas semaine. C’est une aide totalement différente de celle dispensée par les Rased. Dans certains cas, elles pourraient même être complémentaires, mais il ne faut pas qu’il y ait confusion.
C’est cette confusion qui menace les Rased ?
Oui. Quand Xavier Darcos parle de "réseau d’aide et de soutien", soit il introduit volontairement la confusion, soit il méconnaît le sujet dont il parle. D’une manière générale, les enseignants spécialisés sont inquiets du silence du ministère sur le devenir des Rased. Les lettres envoyées par les syndicats et les associations sont restées sans réponse, les enseignants spécialisés n’ont pas été cités dans le livret remis aux parents d’élèves à la rentrée. L’an dernier, le ministère n’a pas indiqué combien d’enseignants spécialisés étaient partis à la retraite... Tout cela est inquiétant. Les Rased dépendent aussi de la volonté des inspecteurs d’académie d’organiser les départs des enseignants en formation spécialisée. Ces formations ont un coût, tout comme les frais de déplacements à payer aux enseignants spécialisés pour qu’ils se rendent dans les écoles rurales isolées. Proposer du soutien scolaire pourrait signifier que l’on n’a plus à payer ces coûts. Mais cette volonté d’économie finira par accentuer les difficultés de l’élève qui seront de plus en plus lourdes au fur et à mesure qu’il avancera dans sa scolarité."
Menace sur les Rased Douze syndicats et associations de l’Education nationale, dont la FCPE, ont lancé un appel commun le 26 septembre pour que les Rased soient préservés et développés. Du côté du ministère, on nie l’intention de les supprimer, mais on envisage d’utiliser différemment ces effectifs et de les sédentariser.