Extrait de "la revue des parents".
"Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, l’avait annoncé il y a un an : l’école le samedi, c’est fini, sauf dérogation. Et ce, dès cette rentrée. Certains départements ont malgré tout choisi une semaine continue de cinq jour, mercredi matin compris. Les heures libérées le samedi matin sont donc réaffectées à l’aide individualisée. Les élèves de primaire suivent 24h de cours par semaine auxquelles s’ajoutent deux heures de soutien scolaire pour ceux qui rencontrent des difficultés d’apprentissage. Les équipes disposent d’une certaine souplesse dans la façon dont les heures sont redistribuées. "On assiste au pire comme au meilleur", déplore la FCPE. Le soutien est organisé parfois le matin, parfois le midi, ou encore le soir après la classe. Ainsi, les cours qui commencent à 16h30 finissent à 17h pour certains, à 17h30 pour d’autres, ce qui implique une réorganisation du ramassage scolaire par exemple. Sans compter les conséquences sur les élèves : "les enfants en difficulté doivent suivre ces cours le soir, alors que leurs journées sont déjà bien chargées", remarque Gilles Moindrot, co-secrétaire général du Snuipp-FSU. "Comment les parents s’organisent-ils quand il y a plusieurs enfants dans la même école avec des horaires différents ?", s’interroge la FCPE. Au lieu de profiter de la suppression du samedi matin pour ouvrir le débat des rythmes scolaires, le ministère a imposé une semaine de quatre jours qui convient plus aux adultes qu’aux enfants. "Il aurait été plus intéressant de savoir si on répartissait désormais les 24 heures d’enseignement sur quatre jours ou sur cinq jours, mercredi matin compris", ajoute Gilles Moindrot. Or raccourcir les vacances impliquerait des journées moins longues, où le soutien scolaire trouverait plus facilement sa place. A ce jour, les parents constatent que sur le terrain, chaque équipe y va de son organisation. D’autant que les parents n’ont pas été consultés. Parfois on leur demande même de signer à l’avance l’éventuelle mise en place du soutien pour leurs enfants. Les élèves en difficulté sont par ailleurs stigmatisés. "Il n’y a eu aucune réflexion pédagogique, reproche Thierry Cadart. Nous pensons qu’aider les élèves en difficulté ne passe pas forcément par des heures de soutien supplémentaires, mais aussi par d’autres méthodes d’apprentissage. Nous suggérons que l’aide soit dispensée pendant la classe, "sur le vif" grâce à un travail en équipe."
Surtout, les écoles n’ont pas toutes les mêmes besoins en matière d’accompagnement. "On ne peut pas comparer les classes de maternelles avec celles de primaire, celles situées en villes et zone rurale : les moyens doivent être affectés en fonction de ces données", plaide le Snuiip-FSU. La FCPE attend de voir comment, concrètement dans les écoles, les enseignants vont tenter d’améliorer le système. Par ailleurs, pour en finir avec pagaille qui règne actuellement, la FCPE a demandé au ministère de l’Education nationale de faire un premier bilan de la mesure, définir plus précisément les modalités pour la faire évoluer. Car aujourd’hui, un grand nombre d’écoles ne propose aucun soutien aux enfants..."
L’avis de la FCPE
Aide personnalisée
L’intervention précoce est indispensable pour enrayer l’échec scolaire. La FCPE milite pour la mise en œuvre de remédiations appropriées dès l’apparition de la moindre difficulté. "Appropriées" signifiant des heures qui respectent les rythmes d’apprentissage des enfants."
Article de Emmanuelle Mellah, journaliste à "la revue des parents.